GDPR : Un fiasco inutilement bordélique

Quand un frigo demande votre consentement sur le GDPR, alors on peut dire que les légendaires fonctionnaires européens ont encore fait de la merde galactique.


Quand un frigo demande votre consentement sur le GDPR, alors on peut dire que les légendaires fonctionnaires européens ont encore fait de la merde galactique.

Un frigo vous demande le consentement du GDPR, Ghostery, censé vous protéger des trackers, envoie un mail avec 500 cc, en Islande, vous avez un lien sur la modification de la politique de vie privée dans votre reçu de caisse en papier, les exemples sont nombreux sur les couacs du GDPR et on a même un site dédié qui recense les pires tactiques pour obtenir le consentement du GDPR. On pourrait croire qu’une législation homogène, protégeant la vie privée des utilisateurs, serait une bonne nouvelle, mais à la place, on se retrouve avec un fiasco bordélique totalement inutile.

Un frigo qui affiche le consentement du GDPR

Un frigo qui affiche le consentement du GDPR

D’une part, la plupart des géants ont obtenu le consentement de leurs utilisateurs pour continuer à collecter des données avec des pseudo-garanties que leurs données pourraient être supprimé (on entend le rire de Zuckerberg dans les vallées enchantées de la surveillance capitaliste). Quand vous avez Techdirt, l’un des meilleurs sites qui rapportent les abus du droit d’auteur et de la vie privée depuis 20 ans, qui nous dit que le GDPR est vraiment de la merde, on doit s’asseoir et se poser des questions. Le problème est qu’une législation européenne homogène n’a jamais marché, car chaque Etat membre possède des législations différentes, mais le pire est que l’Europe impose sa loi au monde entier.

Le Brésil, l’Argentine, la Chine, l’Inde, le Nigeria, l’Egypte, les dizaines de pays reconnus par l’ONU, sont désormais obligé de se conformer à une loi votée par l’Union Européenne (et non les habitants européens). On a quelques parlements qui ont communiqué dessus, mais 99 % des  citoyens européens s’en battent les couilles. L’Europe vient d’imposer une législation extra-territoriale similaire similaire à celle des Etats-Unis pour sanctionner l’Iran ou Cuba. Bravo les fonctionnaires européens, vous avez prouvé votre nature de parasite une fois de plus.

Et pour la loi extra-territoriale américaine, au moins, elle sert les intérêts américains. J’aimerais bien savoir comment le GDPR va améliorer la vie privée des européens alors que les GAFAMs ont déjà obtenu le consentement de la plupart des utilisateurs. C’est vrai, cela permettra à des organisations libristes comme la Quadrature du Net, de lancer des pseudo-plaintes pour faire croire qu’elles vont plier les GAFAMs (petite pause pour laisser passer le rire strident de Zuckerberg). Mais bon, on fait semblant de faire quelque chose pour justifier les dons.

Des médias américains ont bloqué tous les citoyens européens et on peut citer le LA Time ou le Chicago Tribune. Et ces derniers s’en foutent, car leur public est principalement américain, mais ce sont les européens qui vont être pénalisé. Un site décrit comment utiliser Cloudflare pour bloquer tous les citoyens européens sur son site.

Et sur le plan publicitaire, c’est un bain de sang. Google avait prévenu une petite baisse sur les revenus publicitaires des éditeurs et la “petite” baisse se situe de 40 à 50 % du revenu. Comme Google ne peut plus afficher les publicités personnalisées, mais uniquement contextuelles, alors la pertinence se casse la gueule. Et je vois déjà le libriste aux cheveux hirsutes avec des lunettes de John Lennon dire : Mais c’est tant mieux, car la publicité, c’est mal. Oui, c’et mal, mais comme l’écosystème du web s’est construit autour du tracking et de la publicité, ce n’est pas le GDPR qui va changer la donne pour les grosses boites, mais il va faire chier les petits éditeurs. Les alternatives à la publicité sont très minimes et la plupart ne marchent pas pour les sites web. Et quand on me parle de dons, j’estime qu’il vaut mieux que j’impose un peu de la publicité plutôt de mendier systématiquement pour demander quelques sous. Et de toutes façons, ça se saurait si les dons permettaient d’avoir un salaire décent. Si on prend l’exemple d’une plateforme comme Patreon, seuls 2 % des personnes gagnent l’équivalent du SMIC.

Tout le monde se précipite pour obtenir le consentement, mais personne ne comprend que le principe de base du GDPR est la vie privée par défaut. Cela signifie qu’on ne doit rien collecter à la base. L’obtention du consentement est juste une débâcle et une ignorance plus grande que la loi du Cookie. Les Etats-Unis commencent à gronder. Par différents canaux, ils vont réussir à capoter, à neutraliser ou à faire en sorte qu’on se fiche du GDPR de la même façon que toutes les lois européennes. Je ne dis pas qu’il ne faut pas une réforme de la vie privée, mais la laisser aux fonctionnaires européens revient à considérer qu’un boucher est compétent pour faire de la neurochirurgie. Et certains pensent que l’Europe prouve enfin qu’elle agit pour ses citoyens.

Vous en êtes sûr ? Car sa réforme du droit d’auteur est l’une des pires saloperies et un véritable désastre pour le web, car le simple fait de créer un lien peut violer le droit d’auteur. La réforme de la vie privée passe par une concertation de tous les acteurs, de réfléchir à créer un  écosystème plus sain et plus décentralisé. Oui, c’est plus facile à dire qu’à faire, mais c’est le seul moyen. Le seul résultat du GDPR va permettra de lancer des plaintes qui n’aboutiront jamais ou qui auront une condamnation des GAFAM pour la forme afin que les organisations libristes puissent dire qu’ils font encore quelque chose, mais pendant ce temps, la pompe à donnée continuera à pomper.

N'oubliez pas de voter pour cet article !
1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Pas encore de vote)
Loading...

Houssen Moshinaly

Rédacteur web depuis 2009 et blogueur dans la vulgarisation scientifique.

Depuis plusieurs années, la science est attaquée de tous les cotés. Les vaccins, les pesticides, les OGM, mais également sur le plan de la politique. Marre d'entendre des âneries sur les médias de masse, j'ai décidé de lancer ce blog pour critiquer tous ces attaques incessantes sur la science. Je parle de l'agriculture comme des lois liberticides ou des pseudosciences.

Je ne prétend pas être un expert dans les domaines et considérez plutôt mes articles comme une opinion éclairée, mais personnelle sur des sujets qui sont souvent assombris par les marchands de peur et la pseudoscience. Mon ton peut être cassant et tranchant, car cette plume canalise une colère souvent justifiée.

Pour me contacter personnellement :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *