99,99 % des pesticides que nous consommons proviennent des plantes

Vous voulez éviter les pesticides dans vos aliments ? Alors, il faut arrêter de manger. Pourquoi c’est totalement insensé de parler d’une différence entre les pesticides synthétiques et ceux des plantes.


jill111 / Pixabay

Vous feriez mieux d’écouter quand Bruce Ames vous parle de toxicité. Ames est l’inventeur du test Ames qui est essentiel pour la mutagénicité qui mesure le dommage sur un ADN par n’importe quelle substance chimique. Ce test est un garde-fou essentiel dans le monde des médicaments. Même si un résultat positif d’un test Ames n’est pas une preuve absolue que la substance est carcinogène chez les humains, c’est quand même un sacré drapeau rouge dans le développement des médicaments. De nombreux médicaments prometteurs sont partis dans le cimetière des oubliés parce qu’ils n’ont pas passé le test Ames.

Il est impossible d’éviter les pesticides

Les pesticides et les herbicides font souvent la une des médias, notamment à cause de l’hystérie sur le glyphosate, il est intéressant de revenir sur un papier qu’Ames et ses collègues ont écrit il y a plus de 3 décennies dans la revue PNAS. Si vous pensez que vous mangez de la nourriture sans aucun pesticide parce que vous l’avez acheté dans un magasin bio, alors ce papier va mettre en pièces vos illusions. Si vous ne voulez pas consommer de pesticides, alors il faut arrêter de manger. Vous consommez des pesticides dans chaque bouchée de chaque aliment et vous en consommez une grande quantité selon Ames :

  • 99,99 % des pesticides consommés par les Américains sont fabriqués par les plantes qui les utilisent comme un mécanisme de défense.
  • Les pesticides de synthèse et ceux des plantes ont la même probabilité d’être cancérigènes.

Dans le papier d’Ames, on peut lire ;

L’analyse toxicologique des substances chimiques synthétiques telle que les pesticides et les polluants industriels, sans une analyse des substances similaires dans la nature afin d’avoir une comparaison, crée un déséquilibre dans les données et la perception des dangers potentiels pour les humains.

En termes clairs, c’est complètement con de considérer les risques des pesticides de synthèse en criant au cancer alors qu’on ne fait jamais la même chose avec les pesticides et herbicides naturels. Le fait de différencier entre le naturel et le chimique n’a aucun sens et montre simplement de la stupidité à l’état pur. L’origine chimique n’a aucune importance. Votre organisme ne peut pas différencier une substance d’origine synthétique ou naturelle, car tout ce qui lui importe est les propriétés de la substance chimique.

Mais c’est difficile de blâmer les consommateurs. L’industrie du bio et les charlatans ont fait un boulot monstrueux pour créer cette Fake News que nous sommes constamment empoisonné par de méchants industriels qui fument des cigares cubains pour leurs profits. Cette industrie du bio a réussi à nous persuader que de minuscules fractions de produits chimiques, fabriqués par l’homme, sont dangereuses pour nous en nous incitant à acheter leurs produits entièrement “naturels”. On ne peut pas nier que c’est excellent d’un point de vue du marketing, mais complètement merdique d’un point de vue scientifique.

La limitation sur la cancérogénicité des modèles de souris et des rats

Toutes les données de cancérogénicité dans le papier provenaient des modèles de rats et des souris pour le cancer. Ces modèles d’animaux ne sont pas fiables pour prédire le cancer chez les humains, mais c’est le mieux que nous avons actuellement. Ames et ses collègues ont analysé la littérature pour trouver des études sur des aliments qui contenaient des pesticides naturelles.

Et les résultats sont gigantesques. Car rien que dans le chou, Ames a détecté 49 pesticides et leurs métabolites. Sur ces 49 pesticides, 2 d’entre eux, l’acide chlorogénique et l’isothiocyanate d’allyle, provoquaient des tumeurs chez les rats, mais pas chez les souris. Ames estime que les Américains consomment entre 5 000 à 10 000 pesticides naturels.

Tout est cancérigène

Cette analyse a également identifié les études où les pesticides des plantes (à hautes doses) provoquaient des cancers chez les rongeurs. 52 de ces pesticides, qu’on trouve fréquemment dans les aliments, ont été mesurés et il s’avère que 27 provoquaient des cancers, soit près de la moitié. Et on parle bien de pesticides issus des plantes. Et toujours selon Ames :

Les pesticides naturels sont l’un des plus grands sous-ensembles des produits chimiques naturels. Les plantes produisent des toxines pour se protéger contre les champignons, les insectes et les prédateurs.

Les plantes n’existent pas pour les humains. Elles existent parce qu’elles ont survécu et se sont reproduites. Et pour y arriver, les plantes ont évolué pour avoir la capacité de synthétiser des substances chimiques qui les protègent contre les prédateurs. En dépit de l’hystérie anti-pesticides des biobobos, nous n’aurions absolument rien à manger sur cette planète si les plantes n’avaient pas produit ces pesticides.

Nous consommons une tonne de pesticides

Notre obsession à chercher des résidus infimes de pesticides quand on achète une pomme devient une idiotie quand on examine les quantités relatives des pesticides naturelles et synthétiques que nous consommons. Quand la FDA a analysé des aliments pour chercher des substances chimiques synthétiques (qu’on peut trouver dans l’environnement), elle a détecté 105 résidus chimiques.

La somme totale de ces 105 substances chimiques était de 0,09 milligramme par personne et par jour et la moitié d’entre eux étaient cancérogènes. Mais en comparaison, nous consommons environ 1 500 milligrammes de pesticides naturels chaque jour et comme on l’a mentionné, la probabilité cancérigène est équivalente.

Nous concluons ainsi qu’aux faibles doses d’expositions aux substances chimiques synthétiques, le risque lié aux pesticides est insignifiant.

Nous n’allons pas tous mourir

Nous consommons régulièrement des milliers de pesticides, la plupart sont produits par les plantes et d’autres, en quantités infimes, proviennent de l’application sur les semences. Mais nous sommes tous en bonne santé et la principale raison est toujours la même, la dose, la dose et encore la dose.

C’est pour ça qu’on n’a rien à craindre des résidus de glyphosate, du bisphénol A, des phthalates ou des parabènes. Les substances chimiques cancérigènes qu’elles soient naturelles ou synthétiques sont traitées par le foie et elles sont expulsées. C’est même la fonction principale du foie et il fait très bien son boulot. Si le foie n’existait pas, alors nous n’aurions même pas à nous inquiéter des pesticides synthétiques, car le chou, avec ses pesticides naturels, nous aurait mis 6 pieds sous terre depuis des siècles.

Traduction et adaptation d’un article de Josh Bloom sur l’American Council on Science and Health.

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Houssen Moshinaly

Rédacteur web depuis 2009 et blogueur dans la vulgarisation scientifique.

Depuis plusieurs années, la science est attaquée de tous les cotés. Les vaccins, les pesticides, les OGM, mais également sur le plan de la politique. Marre d'entendre des âneries sur les médias de masse, j'ai décidé de lancer ce blog pour critiquer tous ces attaques incessantes sur la science. Je parle de l'agriculture comme des lois liberticides ou des pseudosciences.

Je ne prétend pas être un expert dans les domaines et considérez plutôt mes articles comme une opinion éclairée, mais personnelle sur des sujets qui sont souvent assombris par les marchands de peur et la pseudoscience. Mon ton peut être cassant et tranchant, car cette plume canalise une colère souvent justifiée.

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