Labels des OGM aux Etats-Unis, un cout supplémentaire de 3,8 milliards de dollars

A partir du 1er juillet 2018, les Etats-Unis vont obliger les fabricants à mettre des labels sur de nombreux produits qui sont issus de la modification génétique. Ces aliments OGM devront avoir un label bien explicite, mais une étude par une firme économique estime que le cout potentiel pour le consommateur sera de 3,8 milliards de dollars. Ca fait cher payé pour une étiquette.


RitaE / Pixabay

Les Etats-Unis sont un pays étrange, en avance sur de nombreux autres sur la biotechnologie et l’agriculture, mais leur système d’Etat fédéral est vraiment pourri. Depuis de nombreuses années, les anti-OGM veulent que les produits OGM possèdent une étiquette indiquant clairement la modification génétique de ce produit.

La loi du label OGM du petit Vermont

Plusieurs grands Etats américains ont tenté de faire passer cette loi sans succès. C’est alors que l’Etat du Vermont a réussi à la faire passer avec plusieurs obligations :

  • Privilégier les produits sans aucune modification génétique
  • Étiqueter clairement les produits d’origine OGM

On pourrait croire qu’on s’en fout, car une loi propre à un Etat ne s’applique pas aux autres. Mais voilà que le Congrès américain est entré dans la danse et la norme du Vermont va devenir une loi fédérale. La National Bioengineered Food Disclosure Standard, passée en 2016,  va devenir une norme standard pour tous les Etats américains. A la base, l’intention est bonne, car cela permet d’éviter le pathwork des lois locales qui se contredisent entre elles. Mais pour ça, il faut regarder l’hypothèse de base qui est si des aliments OGM sont différents des aliments non OGM. Et la réponse est un NON clair et massif. Les OGM n’ont aucun impact significatif sur la santé ou l’environnement, ils sont équivalents aux aliments non OGM et ils peuvent être positifs pour l’économie.

Etant  donné que les aliments OGM n’ont aucun problème, le fait d’utiliser une étiquette est inutile et couteux. Dans une étude de 2016 publiée par la firme John Dunham & Associates commanditée par la Corn Refiners Association, le cout supplémentaire national des étiquettes OGM serait de 3,8 milliards de dollars et si on se mettait à produire uniquement des aliments sans aucun OGM, alors le cout pourrait passer à 81 milliards de dollars. Les 3,8 milliards de dollars sont une somme gigantesque, car c’est supérieur à ce que l’USDA (département de l’agriculture) et la FDA dépense pour la surveillance alimentaire (114 millions et 225 millions de dollars respectivement).

Un cout considérable, mais inutile sur l’aspect sanitaire

Cela forcera aussi les fabricants à créer différentes versions du même produit, avec et sans OGM et cela entrainera aussi des couts sur la logistique et le prix final pour le consommateur. Ainsi, l’Etat du Vermont, avec sa population de 625 000 habitants, a réussi à imposer sa loi anti-OGM à plus de 300 millions de personnes. On peut remercier les activistes qui ont fait un lobbying monstre sur les responsables du Vermont et ensuite, que cela devienne une norme nationale. Si une entreprise viole cette loi, alors elle peut écoper d’une amende  de 1 000 dollars par jour et par produit.

A partir de juillet 2018, on va voir fleurir des poursuites judiciaires, car telle entreprise n’a pas bien labellisé son produit ou qu’un test médiocre a trouvé des résidus infinitésimaux de modification génétique dans d’autres produits. Les firmes judiciaires prédatrices et les associations anti-OGM pourront encore se remplir les poches. L’USDA a indique le sigle BE  (pour Bioenginerred). Donc, c’est du bio-fabriqué, cela ne veut rien dire. Mais on peut sourire devant le logo qui a été choisi pour cette étiquette pour les OGM.

Je suis sûr que certains activistes ont failli avaler leur tomate bio quand ils ont vu ce logo souriant ensoleillé. On peut parier qu’ils voulaient une tête de mort ou un masque à gaz.  Mais ces lobbyings sur le label OGM est plus ou moins de la manipulation mentale.

L’effet de signal

Les marchands de peur et les promoteurs de l’étiquetage OGM utilise une tactique économique connue comme l’effet de signal. L’effet de signal envoie un message implicite à partir d’un indice explicite. Si vous voyez un produit avec le label “Sans OGM”, alors instinctivement, vous allez penser que l’OGM est dangereux. Et c’est pourquoi, on a une variété de produits avec le label SANS (Sans gluten, sans matières grasses, sans calories, etc). L’objectif est de vous faire croire que l’aliment est dangereux, mais le second objectif est de vous faire croire que l’aliment sans OGM est mieux et que donc, un prix largement supérieur est justifié.

Donc d’une part, le label OGM permet de dénigrer la concurrence et d’autre part, cela permet de doubler ses marges uniquement avec une bout de papier qu’on colle sur un produit. Un marché tout à fait juteux et c’est pourquoi la grande distribution et le marché du bio applaudissent ce type de mesure. Notons qu’il est utile d’avoir des étiquettes informatives sur des produits. Le nombre de calories, la présence de sel pour ceux qui souffrent de tension artérielle, le pays de provenance, mais il est catastrophique d’utiliser un étiquetage basé sur la croyance. Car si vous empruntez le chemin de la croyance, alors vous finissez avec un produit comme ci-dessous :

N'oubliez pas de voter pour cet article !
1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (1 votes, moyenne : 1,00 sur 5)
Loading...

Houssen Moshinaly

Rédacteur web depuis 2009 et blogueur dans la vulgarisation scientifique.

Depuis plusieurs années, la science est attaquée de tous les cotés. Les vaccins, les pesticides, les OGM, mais également sur le plan de la politique. Marre d'entendre des âneries sur les médias de masse, j'ai décidé de lancer ce blog pour critiquer tous ces attaques incessantes sur la science. Je parle de l'agriculture comme des lois liberticides ou des pseudosciences.

Je ne prétend pas être un expert dans les domaines et considérez plutôt mes articles comme une opinion éclairée, mais personnelle sur des sujets qui sont souvent assombris par les marchands de peur et la pseudoscience. Mon ton peut être cassant et tranchant, car cette plume canalise une colère souvent justifiée.

Pour me contacter personnellement :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *