Les agriculteurs doivent défendre le glyphosate sur la place publique

A force de propagande et de désinformation, l’hystérie du glyphosate perturbe de nombreux processus agricoles, car certains traitants ne veulent pas de production qui a des résidus de glyphosate. Un appel pour que les agriculteurs plongent dans l’arène publique pour défendre cet herbicide.


A force de propagande et de désinformation, l'hystérie du glyphosate perturbe de nombreux processus agricoles, car certains traitants ne veulent pas de production qui a des résidus de glyphosate. Un appel pour que les agriculteurs plongent dans l'arène publique pour défendre cet herbicide.
Pexels / Pixabay

Des brasseries refusent de l’orge si celui-ci a reçu une application de glyphosate avant la récolte, des meuniers refusent l’avoine pour la même raison et des fabricants de pâtes refusent du blé dur canadien à cause de ces résidus du glyphosate. Ce n’est pas qu’en France que l’hystérie du glyphosate tourne à plein régime, mais également aux Etats-Unis qui semblaient épargnés par le phénomène jusqu’à présent. Un article sur Producer.com nous apprend que des entités comme Organic Consumers Association et Beyond Pesticides ont déversé leurs propagande anti-glyphosate sur les médias américains. Et comme tout média de masse qui respecte, ils relaient ces fausses informations sans aucune once de vérification ou d’objectivité. Les médias de masse sont les premiers relais des propagateurs de fake news sur les sujets scientifiques.

Ces organisations utilisent des décisions juridiques ou l’étude totalement pourrie de l’institut Ramazzini pour prétendre que le glyphosate est dangereux pour la santé. Toutefois, l’article estime que les citoyens ne sont pas si préoccupés que ça du danger du glyphosate, mais une propagande systématique peut cacher le consensus scientifique sous des tonnes de mensonges. L’article incite les agriculteurs à se connecter aux consommateurs via les réseaux sociaux ou les blogs pour les informer de ce qui se passe réellement.

Comment ils utilisent le glyphosate et comment l’agriculture est de plus en plus raisonnée. Mais les agriculteurs le font déjà avec des initiatives comme AgritTwittos ou des sites spécialisés. Malheureusement, leur voix et celle des experts ont dû mal à passer dans les médias de masse qui sont encore malheureusement la clé pour atteindre le plus grand nombre. Toutefois, ne croyez pas que si vous allez parler d’agriculture, d’OGM ou de pesticides ou d’autres sujets, vous allez être accueilli à bras ouvert. C’est même le contraire. On n’est plus à l’époque de l’agora, mais de l’arène. Armez-vous de votre bouclier (et qu’il soit très solide) et d’une masse hérissée de piques et préparez-vous à vous battre.

Sarah Schultz, une infirmière et femme d’un agriculteur, a décidé de parler de l’agriculture sous un autre angle que celle des militants. Ca ne s’est pas bien passé. Elle a été constamment attaqué sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter. On a même porté plainte contre elle pour qu’elle perde sa licence d’infirmière. Quand elle a annoncé qu’elle partait en voyage à Maui, une personne lui a même dit qu’il espérait que son avion allait se crasher… Que dire aussi quand Kevin Folta, un défenseur des OGM et vulgarisateur scientifique, a dû démissionner de son poste au Département de l’horticulture de l’université de Floride à cause de fausses accusations des anti-OGM tels que l’organisation GMWatch contre lui, sa femme et sa famille.

Et ensuite, on nous dit que les protecteurs de l’environnement et les anti-pesticides sont des gentils dans l’histoire. J’ignore s’ils sont aussi fondamentalistes en France, mais il est clair que l’agriculture est un domaine tellement sensible et tellement mal compris qu’on risque de se faire incendier de tous les cotés.

Sur une échelle et un sujet différent, c’est le même reproche fait à Monsanto qui vient d’abandonner son nom pour Bayer. Ce dernier espère que les attaques vont cesser après le nouveau baptême, mais en réalité, les anti-pesticides et anti-ogm ont désormais une cible plus grande à abattre.

La communication de Monsanto s’est concentré sur l’aspect professionnel et c’est pourquoi il est apprécié des agriculteurs, mais honni par le public. Et la fusion de Bayer/Monsanto, qu’on que l’on puisse penser en terme de monopole, va aller toujours plus loin dans l’agriculture de précision, notamment des biotechnologies. Mais il faut qu’il change radicalement sa stratégie de communication pour éviter de se prendre des attaques incessantes. Pour le moment, la place publique, qui a été transformée en arène, est totalement parasité et cannibalisé par les marchands de peur et il faudra de grosses batailles pour que les agriculteurs et les entreprises de biotechnologie puissent se faire entendre dans ce brouhaha où on n’entend plus grand chose que la peur et l’hystérie à l’état pur.

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Houssen Moshinaly

Rédacteur web depuis 2009 et blogueur dans la vulgarisation scientifique.

Depuis plusieurs années, la science est attaquée de tous les cotés. Les vaccins, les pesticides, les OGM, mais également sur le plan de la politique. Marre d'entendre des âneries sur les médias de masse, j'ai décidé de lancer ce blog pour critiquer tous ces attaques incessantes sur la science. Je parle de l'agriculture comme des lois liberticides ou des pseudosciences.

Je ne prétend pas être un expert dans les domaines et considérez plutôt mes articles comme une opinion éclairée, mais personnelle sur des sujets qui sont souvent assombris par les marchands de peur et la pseudoscience. Mon ton peut être cassant et tranchant, car cette plume canalise une colère souvent justifiée.

Pour me contacter personnellement :

1 réponse

  1. Irène dit :

    Excellent dossier et très complet à tous les points. Merci pour ce gros travail ! Mais les opinions des gens sont déjà faites sur les perturbateurs endocriniens et on ne va pas les changer même si on leur montre des centaines d’études.

    Dans votre article, l’avis de l’ANSES est le plus sévère puisque le BPA est interdit en France. Cela montre que cette agence perd de plus en plus sa crédibilité.

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