Pourquoi tant de haine contre le glyphosate ?

Qu’est-ce qui explique la haine contre le glyphosate ? Une partie s’explique par le marketing du bio, mais également par l’obsolescence des ONG qui inventent des ennemis imaginaires.


Quangpraha / Pixabay

Les médias sont unanimes, la France vient de basculer dans l’apocalypse en n’interdisant pas le glyphosate. Depuis la fin de 2017, le glyphosate est devenu l’objet d’un débat acharné entre les pro et les contre même si ce débat a été monté de toutes pièces par les marchands de peur alimentant sans cesse des médias qui savent que des articles anxiogènes valent leur pesant publicitaire.

Le marketing du marché du bio

Mais comment expliquer cette haine contre le glyphosate ? Un herbicide tellement performant que des scientifiques ont considéré que c’est un produit qu’on ne découvre qu’une fois par siècle. C’est à dire qu’il est tellement performant avec une toxicité minimale qu’il faudra se lever tôt pour trouver une alternative. Et ils avaient raison, de nombreux fabricants ont tenté de trouver des alternatives aussi performantes, mais ils n’ont rien trouvé… depuis 40 ans. On peut pardonner aux citoyens de se plonger dans un débat alors qu’ils n’ont aucune idée de ce qu’est le glyphosate. Ils savent vaguement que c’est un herbicide, mais Greenpeace, Génération Futures et d’autres lobbys bio s’échinent à le considérer comme étant cancérigène à cause de la pire décision pseudoscientifique depuis 10 ans, à savoir, la classification du CIRC. Une classification qui est entaché par de la corruption manifeste et des modifications frauduleuses digne d’un Seralini. La totalité des agences sanitaires au monde ont considéré le glyphosate comme étant sans danger. Mais il parait que 70 % des français sont contre le glyphosate, je n’accorderais pas de foi à ce type de sondage en sachant que 40 % des français estiment aussi que les vaccins sont dangereux…

Mais c’est surtout le marketing du bio qui est à l’origine de la diabolisation du glyphosate. Je ne critique pas les agriculteurs bio (car on a besoin de tous les agriculteurs), mais bien le marché du bio qui sait que ses produits ne sont pas mieux pour la santé et l’environnement par rapport à des produits de l’agriculture conventionnelle. De plus, l’agriculture bio a des rendements plus faibles. Donc, pas de supériorité nutritive ou environnementale et un cout de production plus élevé qui se reflète sur les prix des supermarchés. Supermarchés et grande distribution qui se gavent grassement au passage puisqu’un panier bio est 79 % plus cher qu’un panier conventionnel. Dans cette affaire juteuse, les marges des agriculteurs bio sont aussi intéressants, mais pas aussi importantes.

Et donc, pour justifier des prix prohibitifs, il faut taper sur le concurrent, plus performant et moins cher, à savoir l’agriculture conventionnelle. Quand vous avez un marketing agressif sur des produits, alors cela signifie que ses bienfaits réels sont largement moindres. C’est pourquoi les grandes enseignes et les lobbys bio tapent systématiquement sur l’agriculture conventionnelle qui serait aussi responsable du massacre à Gaza aux dernières nouvelles. L’agriculture est responsable des inondations, des oiseaux et tout ce que vous voulez. Et le glyphosate n’est qu’un symptome de cette guerre systématique au profit du marketing bio. Mais je pense qu’il y a aussi une autre raison.

L’obsolescence des ONG et des associations

Quand on lit les anti-glyphosate, les associations et les ONG, alors ils décrivent une agriculture des années 1960 et 1970. Une agriculture qui abusait des pesticides et des herbicides, mais l’agriculture moderne de 2018 et au delà est plus raisonnée que jamais. L’utilisation des pesticides et des herbicides continuent de baisser. Aux Etats-Unis, les semences résistantes au glyphosate ont permis d’économiser plus de 18 750 tonnes d’herbicide. Plutôt que de bannir le glyphosate, il faudrait aller plus loin et démocratiser l’utilisation des semences résistantes au glyphosate, car elle contribue considérablement à réduire l’utilisation des herbicides.

Mais étant donné que ces associations décrivent des pratiques agricoles obsolètes depuis longtemps, alors elles ne sont plus pertinentes et donc, inutiles. La société a changé, le monde est devenu plus prudent et les agriculteurs sont les premiers à défendre une agriculture raisonnée. Ces associations ne vivent que pour les subventions et la vente de la peur est le seul produit qu’elles ont cultivé depuis des années. Et quand des ennemis n’existent plus, alors il faut en inventer. Le glyphosate, les OGM, les néonicotinoïdes sont des ennemis imaginaires inventés pour que ces associations continuent de faire croire qu’elles sont encore utiles à la société. Cela explique aussi leur fondamentalisme toujours plus abject pour considérer que tout ce qui est synthétique est le mal absolu et tout ce qui est naturel vient directement du jardin d’Eden. Et évidemment, ceux qui les critiquent sont entièrement à la solde de Monsanto. En parlant de ce dernier, il faudra un jour que je lui demande de m’envoyer un chèque…

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Houssen Moshinaly

Rédacteur web depuis 2009 et blogueur dans la vulgarisation scientifique.

Depuis plusieurs années, la science est attaquée de tous les cotés. Les vaccins, les pesticides, les OGM, mais également sur le plan de la politique. Marre d'entendre des âneries sur les médias de masse, j'ai décidé de lancer ce blog pour critiquer tous ces attaques incessantes sur la science. Je parle de l'agriculture comme des lois liberticides ou des pseudosciences.

Je ne prétend pas être un expert dans les domaines et considérez plutôt mes articles comme une opinion éclairée, mais personnelle sur des sujets qui sont souvent assombris par les marchands de peur et la pseudoscience. Mon ton peut être cassant et tranchant, car cette plume canalise une colère souvent justifiée.

Pour me contacter personnellement :

2 réponses

  1. Michael dit :

    Salut Houssem je suis tombé là dessus t’en pense quoi de cette cohorte sur glypho et gestation ? https://ehjournal.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12940-018-0367-0 Certes il y a une corrélation mais effectif de 71 ?!?

    • L’étude est vraiment très faible, seulement 71 personnes. De plus, c’est une étude prospective qui a crée une corrélation entre le glyphosate et des gestations plus courtes. Les gestations plus courtes concernent un très petit nombre de personnes sur l’échantillon global qui est déjà très faible.

      Des gestations plus courtes peuvent donner des naissances prématurées, mais il y a beaucoup de personnes qui sont né prématurément sans avoir aucun problème. Le seul résultat intéressant de l’étude est que la majorité des niveaux de glypho sont inférieurs aux limites autorisés. S’ils proposent une étude avec un échantillon plus large, en évitant de confondant tout et n’importe quoi, on pourra en tirer quelque chose.

      L’étude a déjà été critiqué ici : http://seppi.over-blog.com/2018/04/exposition-au-glyphosate-et-grossesse-encore-une-etude-surinterpretee-et-surmediatisee.html

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