Risquant la prison, les agriculteurs indiens continuent de cultiver le coton OGM

Malgré que le fait que Monsanto ne propose plus ses semences de dernière génération en Inde, les agriculteurs indiens continuent de les cultiver avec le risque d’aller en prison.


Erbs55 / Pixabay

L’Inde a introduit le coton OGM en 2002 et en 2006, il a utilisé une variété améliorée de cette semence. En l’espace de quelques décennies, l’introduction des OGM a permis à l’Inde de devenir  le plus grand producteur et le second plus grand exportateur du coton au monde. Mais l’âge d’or de l’agriculture indienne s’est terminé brutalement en 2016 lorsque Monsanto a décidé de se barrer du pays, car il n’arrivait pas à résoudre un problème de Royalties avec le gouvernement. J’en ai déjà parlé, car récemment, une décision juridique indienne, très tirée par les cheveux, a statué tranquillement qu’une semence transgenèse ne pouvait pas faire l’objet d’un brevet selon les lois indiennes.

Selon un article de Reuters, les agriculteurs indiens ne peuvent plus bénéficier des traits les plus performants disponibles dans les semences récentes de Monsanto. Et les agriculteurs bravent la loi en les cultivant quand même, car les effets positifs sont largement supérieurs. Je vais utiliser ces semences ou rien du tout selon Rambhau Shinde, un cultivateur de coton depuis 10 ans dans l’Etat de Maharashtra. Le gouvernement indien considère que le fait de cultiver ce coton OGM de dernière génération est contraire à l’Environment Protection Act, mais les agriculteurs veulent  booster leur revenu après la perte des récoltes de l’année dernière.

Un responsable gouvernemental à New Delhi a estimé qu’on ne peut pas éloigner les agriculteurs de quelque chose qui leur est bénéfique. Si la loi n’autorise pas ces semences, alors les agriculteurs vont les cultiver illégalement. Monsanto pourrait déposer une nouvelle demande pour vendre ses semences les plus récents, mais les activistes et les anti-OGM ne l’incitent pas à revenir dans le pays. Mais des semenciers comme Monsanto ne sont pas non plus contents que leurs semences soient utilisés illégalement dans un pays alors que les agriculteurs sont prêts à l’acheter. La semence de coton en question, le Roundup Ready Flex (RRF), permet de réduire les couts de production de 10 000 roupies (environ 150 dollars) par acre.

La question de la concurrence avec les autres pays est cruciale. L’Inde a réussi à devancer tout le monde pour le moment grâce à l’adoption massive du coton OGM de dernière génération par les agriculteurs. Mais s’ils n’utilisent plus les dernières variétés disponibles, alors le Brésil, les Etats-Unis et l’Australie sont tapis dans l’ombre pour ravir cette première place. Selon Anil Ghanwat, président d’une organisation d’agriculteurs, le gouvernement nous donne des épées contre des concurrents qui utilisent des AK-47. Malgré le fait  que les nouvelles semences coutent 30 % plus chers que les anciennes versions, les agriculteurs se précipitent dessus, car les rendements agricoles et donc, les bénéfices sont largement supérieurs.

Si l’agriculture illégale de coton OGM continue en Inde, alors le gouvernement devra donner son autorisation pour ne pas se retrouver dans une impasse. En sachant que le vote des agriculteurs sera crucial pour les élections générales en 2019. Quand on lit que les agriculteurs sont prêts à risquer la prison pour cultiver des OGM de Monsanto, quel décalage avec le discours anti-OGM obscurantiste et fondamentaliste qu’on entend en Europe.

 

 

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Houssen Moshinaly

Rédacteur web depuis 2009 et blogueur dans la vulgarisation scientifique.

Depuis plusieurs années, la science est attaquée de tous les cotés. Les vaccins, les pesticides, les OGM, mais également sur le plan de la politique. Marre d'entendre des âneries sur les médias de masse, j'ai décidé de lancer ce blog pour critiquer tous ces attaques incessantes sur la science. Je parle de l'agriculture comme des lois liberticides ou des pseudosciences.

Je ne prétend pas être un expert dans les domaines et considérez plutôt mes articles comme une opinion éclairée, mais personnelle sur des sujets qui sont souvent assombris par les marchands de peur et la pseudoscience. Mon ton peut être cassant et tranchant, car cette plume canalise une colère souvent justifiée.

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