Un juge fédéral estime que la Californie n’a pas le droit de considérer le glyphosate comme étant cancérigène

Une petite victoire, mais tout est bon à prendre par cette époque de l’hystérie du glyphosate. Un juge fédéral a estimé que la Californie n’avait pas le droit de considérer le glyphosate comme étant cancérigène, car c’est de la diffamation. La manière dont la décision a été prise donne des pistes de réflexions intéressantes.


MaxxGirr / Pixabay

La Proposition 65 dans l’Etat de Californie est un référendum consultatif qui protège les consommateurs contres les substances  cancérigènes dans l’eau. Ce n’est pas une loi, mais simplement une directive citoyenne. La Proposition 65 a été crée en 1986 et elle incluait automatiquement les substances cancérigènes du CIRC. Dans les années 1980, le CIRC était encore une entité scientifique légitime, mais par la suite, l’organisation a été infiltré par les activistes anti-pesticides qui ont complètement détruit sa réputation.

Ce qui fait que si le CIRC considère les tartines grillées, le café ou les frites comme cancérigènes, alors la Californie va obliger les fabricants de ces produits à mettre des étiquettes indiquant que ces produits peuvent donner le cancer. On peut trouver une liste de toutes les substances cancérigènes sur le site  de l’Office of Environmental Health Hazard Assessment (OEHHA). Et cela devient tellement absurde qu’en Californie, si vous emmenez vos enfants au Parc de Disneyland, alors Disneyland peut provoquer le cancer.

Un panneau qui nous dit que certaines propriétés de Disneyland provoquent le cancer et des anomalies congénitales

Un panneau qui nous dit que certaines propriétés de Disneyland provoquent le cancer et des anomalies congénitales

L’année dernière, la Californie a statué que tous les produits, contenant du glyphosate, devait être labellisés comme étant potentiellement cancérigènes. Et encore une fois, ils ont mis les pieds dans le plat en suivant aveuglément les directives du CIRC. Mais des associations d’agriculteurs et des semenciers comme Monsanto ont porté plainte contre cette décision et un juge fédéral vient de statuer en leur faveur. La Californie n’a pas le droit d’exiger des étiquettes cancérigènes pour le glyphosate, mais on peut saluer la tactique utilisée par les plaignants.

Les agriculteurs et les semenciers ont estimé que si la Californie les forçait à mettre une étiquette cancérigène sur le glyphosate, alors cette loi violait leur droit au Premier Amendement de la Constitution américaine qui interdit de diffamer ou de lancer des fausses accusations. Etant donné que la quasi totalité des agences sanitaires dans le monde considère que le glyphosate ne provoque pas le cancer, mais que la Californie les oblige à mettre ce label, alors cela reviendrait à mentir aux consommateurs. Et le juge leur a donné raison sur tout. La Californie, pourri par les activistes, a tenté de répliquer en estimant qu’il y a de nouvelles preuves sur la possibilité cancérigène du glyphosate, mais le juge a balayé les arguments que même en cas de nouvelles preuves, ce n’est pas suffisant pour renverser le consensus scientifique sur le glyphosate.

Je trouve que c’est une tactique qui doit nous inspirer. Quand on dit que 3 000 études prouvent que le glyphosate ne provoque pas le cancer, les activistes refusent de le comprendre, mais si on prend des chemins détournés pour la même conclusion, alors le message peut passer.

Il ne faut pas se contenter d’asséner les preuves scientifiques, car les preuves sont muettes et il faut qu’on parle à leur place. Par exemple, ces derniers temps, je vois un petit changement d’opinion sur le débat du glyphosate en France (c’est encore très faible), car certains commencent à se ranger du coté du consensus scientifique.

Et ce n’est pas les preuves scientifiques qui les ont convaincu, mais la corruption de Christopher Portier avec le CIRC. Si on prend l’angle de la corruption et de la magouille pour révéler l’écologie militante, alors on peut avoir une meilleure perception plutôt que de balancer des milliers d’études dont la plupart n’ont pas les compétences pour les lire.

Quoi qu’il en soit, même dans un Etat aussi contaminé par la pseudoscience que la Californie, on peut gagner sur le glyphosate, mais il faudra bien choisir les batailles et les tactiques utilisées. Maintenant, il faut que la Californie supprime les labels idiots sur le café et Disneyland et qu’il se met à suivre des recommandations plus fiables comme celle de sa propre agence comme l’EPA.

 

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Houssen Moshinaly

Rédacteur web depuis 2009 et blogueur dans la vulgarisation scientifique.

Depuis plusieurs années, la science est attaquée de tous les cotés. Les vaccins, les pesticides, les OGM, mais également sur le plan de la politique. Marre d'entendre des âneries sur les médias de masse, j'ai décidé de lancer ce blog pour critiquer tous ces attaques incessantes sur la science. Je parle de l'agriculture comme des lois liberticides ou des pseudosciences.

Je ne prétend pas être un expert dans les domaines et considérez plutôt mes articles comme une opinion éclairée, mais personnelle sur des sujets qui sont souvent assombris par les marchands de peur et la pseudoscience. Mon ton peut être cassant et tranchant, car cette plume canalise une colère souvent justifiée.

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