Le droit d’auteur européen pourrait bannir la Creative Commons

La réforme du droit d’auteur en Europe et ses directives, notamment celles qui concernent l’utilisation du contenu des sites d’actualités par les agrégateurs, atteint des sommets de stupidité. Ces directives incluent un droit inaliénable de compensation qui pourrait interdire carrément la licence Creative Commons.


La réforme du droit d'auteur en Europe et ses directives, notamment celles qui concernent l'utilisation du contenu des sites d'actualités, par les aggrégateurs, atteint des sommets de stupidité. Ces directives incluent un droit inaliénable de compensation qui pourrait interdire carrément la licence Creative Commons.

La bataille de la réforme du droit d’auteur en Europe fait rage et quand on voit les directives qui apparaissent, on se rend compte que la Commission Européenne a complètement pété les plombs en transformant le contenu en Europe en une prison dont les gardiens seront les ayants-droits et la pire interprétation du droit d’auteur. Il y a beaucoup de réformes merdiques sur ce droit d’auteur, mais les plus belles perles de la bureaucratie et de la stupidité concernent les sites d’actualité et la taxe Google.

Pour ceux qui l’ignorent, la taxe Google est une rengaine de vieille date par les éditeurs européens qui estiment que Google et les autres entreprises leur volent du contenu avec leur agrégateurs. Mais ces éditeurs ne comprennent pas que sans Google  News, ils n’auraient qu’une fraction de leur audience actuelle. En 2014, l’Espagne avait voté une taxe Google concernant les médias espagnols. En représailles, Google a fermé Google News Espagne et cela a provoqué la faillite immédiate de plusieurs médias espagnols. Parmi les directives du droit d’auteur européen concernant les sites d’actualité, on peut citer :

  • Les sites d’actualités ne peuvent pas donner des licences gratuites (En gros, ils doivent toujours être payés quelle que soit la condition et c’est un droit inaliénable de rémunération)
  • Les agences de presse doivent également bénéficier de ce droit de rémunération leur permettant de contrôler la propagation des faits (en gros, le droit de faire de la propagande payée)
  • L’argent gagné par les éditeurs peut être partagé par les journalistes dans certains cas
  • Il doit y avoir une exception pour les individus qui partagent les actualités pour une utilisation non commerciale et légitime.
  • Une justification de la loi est de pouvoir combattre les Fake News.

Et comme le note le site Creative Commons, ce droit inaliénable de rémunération est une saloperie. Un droit inaliénable n’est pas une expression anodine, car sur le plan juridique, c’est le droit le plus absolu qui existe au dessus de tous les autres droits. Un exemple de droit inaliénable est que vous ne pouvez pas devenir un esclave même si vous le voulez, votre liberté est inaliénable. Et ces connards de parlementaires ont osé utilisé un tel droit sur la rémunération des contenus d’actualité. Cela signifie qu’un journaliste ou un éditeur ne peut pas partager librement et gratuitement le contenu même s’il le veut. Et dans ce cadre, cette directive du droit d’auteur se télescope frontalement avec les licences de Creative Commons dont certaines formes indiquent qu’on peut donner librement et gratuitement son contenu sans rien recevoir en échange. C’est notre droit de donner notre contenu à l’humanité.

En sachant que cette directive contredit le concept propre du droit d’auteur comme une propriété (c’est discutable). Car si c’est une propriété, alors son propriétaire a le droit inaliénable de le donner sans aucune contrepartie s’il le veut. L’Europe est devenue une énorme bureaucratie qui vote des lois uniquement pour des formes oligarchiques des médias en refusant tout compromis avec le  concept de partage. Etre contre l’Europe actuelle est un signe de bonne santé mentale.

N'oubliez pas de voter pour cet article !
1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (1 votes, moyenne : 4,00 sur 5)
Loading...

Houssen Moshinaly

Rédacteur web depuis 2009 et blogueur dans la vulgarisation scientifique.

Depuis plusieurs années, la science est attaquée de tous les cotés. Les vaccins, les pesticides, les OGM, mais également sur le plan de la politique. Marre d'entendre des âneries sur les médias de masse, j'ai décidé de lancer ce blog pour critiquer tous ces attaques incessantes sur la science. Je parle de l'agriculture comme des lois liberticides ou des pseudosciences.

Je ne prétend pas être un expert dans les domaines et considérez plutôt mes articles comme une opinion éclairée, mais personnelle sur des sujets qui sont souvent assombris par les marchands de peur et la pseudoscience. Mon ton peut être cassant et tranchant, car cette plume canalise une colère souvent justifiée.

Pour me contacter personnellement :

Poster un Commentaire

avatar
  Subscribe  
Me notifier des