Les USA pour une guerre avec l’Iran… pour un accès non autorisé à des papiers scientifiques

Quand vous avez les USA qui ont massacré 2 millions de civils irakiens pour une fiole de merde aux Nations Unies, alors ils n’hésiteront pas à utiliser le prétexte d’un “piratage” des universités américaines pour justifier une guerre contre l’Iran.


Quand vous avez les USA qui ont massacré 2 millions de civils irakiens pour une fiole de merde aux Nations Unies, alors ils n'hésiteront pas à utiliser le prétexte d'un "piratage" des universités américaines pour justifier une guerre contre l'Iran.

Les Etats-Unis ont accusé 9 iraniens d’avoir piraté des universités et des entreprises et d’avoir volé plus de 31 téraoctets de données. Ce ne sont pas seulement des entreprises américaines qui sont concernés, car les yankees estiment que les iraniens ont pu pirater 173 universités dans plus de 21 pays. Les Etats-Unis accusent formellement l’Iran d’avoir soutenu ces pirates, notamment les Gardiens de la Révolution.

Les membres du piratage ont volé des identifiants pour avoir un accès non autorisé aux comptes des professeurs afin d’obtenir des recherches, des données et des papiers scientifiques incluant des journaux scientifiques, des thèses et des livres électroniques.

Hé hé, donc, ils ont “volé” des papiers scientifiques et des livres. Vous savez, le genre de truc que les scientifiques mettent à la disposition du public pour qu’on les lisent… Mais étant donné que la publication scientifique américaine est une véritable abomination avec la majorité des papiers sous un mur payant, alors il est évident que des pays comme l’Iran veulent y accéder gratos. Et on peut le confirmer en regardant les statistiques de Sci-Hub qui permet d’avoir gratuitement les papiers scientifiques, car les chercheurs iraniens sont les principaux utilisateurs du site. Evidemment, quand vous avez un salaire moyen de 500 dollars par mois avec une inflation qui atteint les 16 %, vous hésitez avant de payer 30 dollars à un groupe de publication scientifique américain qui se fait des milliards de dollars sur le dos des chercheurs.

Mais pour les autorités américaines, c’est un piratage majeur et que cela date de 2013. En 2013, il n’y avait pas encore Sci-Hub  et il est naturel que les iraniens obtiennent des papiers par des moyens détournés, mais cela reste un piratage massif. Mais comme le mentionne TechDirt, ce chiffre de 31 téraoctets est étrangement précis. Alors qu’on a découvert ce piratage en quelques jours et que cela concerne des dizaines de pays, comment les autorités américaines ont pu parvenir à un chiffre de 31 téraoctets ? Ils ont compté le poids des documents ou comment ça se passe. De plus, ce n’est pas parce que vous piratez les documents qu’ils sont supprimé sur le serveur puisque vous ne faites que les copier.

A moins que les pirates aient renommé les fichiers compromis avec le titre “Ce fichier a été piraté par des pirates de la République Islamique d’Iran“. Ce piratage est une version de la fiole de Powell aux Nations Unies. On utilise un piratage qui n’a rien à voir avec la géopolitique pour créer un mille-feuille argumentatif pour justifier une guerre contre l’Iran. De plus, cette version ne tient pas. Si les pirates ont mis la main sur des comptes universitaires, il est peu probable que cela ait suffit pour télécharger près de 31 téraoctets de données à cause des alertes qui se sont déclenchées. En effet, depuis Sci-Hub, les universités américaines ont mis en place des garde-fous pour éviter des téléchargements massifs suspects. Toutefois, ce piratage reste un problème, car on estime que 8 000 comptes ont été compromis et donc, des conversations privées sont entre les mains des pirates. Mais il est évident que le Département de la justice a exagéré ces chiffres pour croire que l’Iran est le mal absolu.

Notons aussi qu’il n’y a aucun média spécialisé qui ait relayé l’affaire à part la revue Science qui est connue pour ses diatribes anti-iraniennes depuis des années. Science n’hésite pas à répéter la propagande gouvernementale mot pour mot en estimant que le piratage a couté 3,4 milliards de dollars, diantre ! Il ne faut pas non plus oublier que l’Iran est connu pour son marché noir de papiers scientifiques. Etant donné que les politiciens iraniens n’ont plus la confiance du peuple, ils tentent d’avoir une nouvelle légitimité en achetant des diplomes et des thèses. Cela a ouvert un véritable marché noir où on peut acheter des papiers scientifiques jusqu’à une thèse de doctorat. La présence de ce marché noir explique l’intérêt pour des papiers des nations étrangères, mais cela n’a rien à voir avec la géopolitique. Et aucun sujet sensible comme le nucléaire ou des armes chimiques n’a été compromis, car le FBI aurait martelé dessus pour avoir sa fiole.

N'oubliez pas de voter pour cet article !
1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (2 votes, moyenne : 5,00 sur 5)
Loading...

Houssen Moshinaly

Rédacteur web depuis 2009 et blogueur dans la vulgarisation scientifique.

Depuis plusieurs années, la science est attaquée de tous les cotés. Les vaccins, les pesticides, les OGM, mais également sur le plan de la politique. Marre d'entendre des âneries sur les médias de masse, j'ai décidé de lancer ce blog pour critiquer tous ces attaques incessantes sur la science. Je parle de l'agriculture comme des lois liberticides ou des pseudosciences.

Je ne prétend pas être un expert dans les domaines et considérez plutôt mes articles comme une opinion éclairée, mais personnelle sur des sujets qui sont souvent assombris par les marchands de peur et la pseudoscience. Mon ton peut être cassant et tranchant, car cette plume canalise une colère souvent justifiée.

Pour me contacter personnellement :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *