Quand la France veut copier les lois anti-haine désastreuses de l’Allemagne

En 30 jours, Edouard Philippe a changé sa politique anti-haine en appelant à la responsabilité des plateformes en ligne. Cela ne va que renforcer la censure à un niveau sans précédent. Bienvenue en Francistasi ?


En 30 jours, Edouard Philippe a changé sa politique anti-haine en appelant à la responsabilité des plateformes en ligne. Cela ne va renforcer la censure à un niveau sans précédent. Bienvenue en Francistasi ?

Pendant une visite dans un musée, Edouard Philippe a estimé qu’il faut de nouvelles lois pour combattre le racisme et l’anti-sémitisme en France. On est toujours dans la réaction plutôt qu’une vision sur le long terme. Etant donné que les crimes récents ont choqué la France, le gouvernement va encore voter des lois à la con. Cette fois, il envisage de suivre l’exemple des lois allemandes contre la haine. Ces lois imposent une responsabilité aux plateformes en ligne comme Twitter ou Facebook de supprimer le contenu haineux en l’espace de 24 heures. Et évidemment, comme on ne peut pas définir clairement ce qu’est un crime de haine, une apologie du terrorisme ou un attaque anti-sémite, les dommages collatéraux sont nombreux.

La loi anti-haine de l’Allemagne est proactive avec une amende qui peut atteindre les 50 millions d’euros. Il est évident qu’avec un tel baton sur leur tête, les réseaux sociaux vont supprimer tout et n’importe du moment qu’ils sont signalé pour éviter de dépasser le délai de 24 heures. Et il n’a pas fallu attendre longtemps pour qu’on voit les abus. 3 jours après le vote de la loi, il y a avait un compte parodique sur Twitter qui a été suspendu pour ses commentaires anti-musulmans (la reprise des commentaires était humoristique). Le pire est que cette loi allemande s’est retourné contre les politiciens qui l’avaient voté. Ainsi, un Tweet par Heiko Maas, Ministre de la Justice, a été supprimé, car il avait traité un autre politicien d’idiot et que le Tweet avait été signalé (notons que le tweet datait de 2010). Et c’est celle loi qu’Edouard Philippe veut adapter à la France…

Le Premier Ministre français a estimé qu’il est plus facile de supprimer un contenu violant le droit d’auteur plutôt qu’un contenu anti-sémite. Intéressant, car la diatribe des ayants-droits depuis des années nous montre qu’ils se plaignent qu’ils n’arrivent pas à supprimer le contenu piraté. On change de version selon les intérêts, Edouard. Mais le PM nous montre aussi qu’il peut girouetter à sa guise selon les événements du moment. Il  y a quelques semaines, Edouard Philippe avait soutenu la publication des écrits anti-sémites de Céline. Toutefois, la publication de ces écrits devait s’accompagner d’une explication “scientifique” pour faire bien comprendre que le gouvernement ne soutient pas les opinions de l’auteur, mais que ses écrits méritent leur place dans la littérature.

Donc dans ce cas, Edouard Philippe est partisan que des contenus controversés doivent s’accompagner de plus de liberté d’expression pour qu’on puisse en débattre calmement. Mais pour les contenus anti-haine sur les réseaux sociaux, c’est l’épée de la Censure qui doit s’abattre avec une amende qui permet aussi de remplir les poches des gouvernements européens au passage ? Ben dis donc, c’est quoi cette schizophrénie politique ? Soit, on accompagne tout contenu controversé par davantage de liberté , soit on censure tout indépendamment du statut de l’auteur. Cela envoie un message qui est très raciste envers la lutte des classes en mode : Si vous êtes connu ou riche, alors vous pouvez être anti-sémite, mais si vous êtes un péquenot avec le RSA, alors on vous décapite pour la moindre incartade.

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Houssen Moshinaly

Rédacteur en chef, webmestre et blogueur, précaire comme tout blogueur qui se respecte.

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